Généralités sur le loup

Prédation sur troupeaux domestiques

Proies domestiques

Les ovins, caprins (en 2020, 97% des proies de loups étaient ovines ou caprines), et parfois les jeunes veaux (2% en 2020) ou poulains (4 prédations en 2020) peuvent être des proies du loup, mais également de chiens errants (sauvages) ou divagants (ayant un propriétaire), ou encore de renards, blaireaux ou sangliers (sur nouveau-nés voire leur mère affaiblie). L’Etat français a donc décidé d’indemniser les animaux dont la mort est due à une prédation attribuable au loup. La décision d’indemniser se base sur une procédure standardisée et éprouvée de constats réalisés sur les bêtes mortes ou blessées.

NB : lorsqu’un loup est considéré comme pouvant être responsable d’une prédation, on parle « prédation avérée pour laquelle la responsabilité du loup n’est pas écartée ».

Evolution saisonnière des prédations sur troupeaux domestiques

Les prédations « loup » augmentent à partir de mai et atteignent un pic en août et septembre, pour diminuer dès octobre, ce qui correspond au planning annuel de mise à l’herbe du bétail et de présence en estives plus ou moins éloignées des bâtiments d’élevage.

Bilan national des prédations

En 2020, on a observé une diminution du nombre de dommages attribuables au loup et du nombre d’animaux d’élevage prédatés par rapport à 2019.

2021 2020 2019
Nombre de constats loup non écarté (LNE) 3255 3547 3645
Nombre de victimes loup non écarté (LNE) 9960 11290 12058
% de constats LNE - Zone historique 89 % 85,9 % 86,3 %
% de victimes LNE - Zone historique 84,3 % 83,4 % 87,5 %
% de constats LNE – Nouvelle-Aquitaine 0,71 % 0,60 % 0,44 %
% de victimes LNE – Nouvelle-Aquitaine 0,65 % 0,65 % 0,60 %

On remarque au fil des ans que l’essentiel des dommages se produisent dans les Alpes, où se situe la quasi-totalité de la population de loup.

Sur ce grand quart sud-est, certains élevages sont soumis à de fortes prédations. Pourtant, le tableau ci-dessous (analyse sur la France entière) montre que :
• la grande majorité des troupeaux subissant des prédations sont attaqués une à deux fois par an ;
• 5,29% des élevages préadatés subissent plus de 10 attaques annuelles ;

Nombre d’attaques / an Pourcentage d’éleveurs concernés
> 20 0,86 %
11 à 20 4,43 %
5 à 10 25,27 %
2 17,20 %
1 52,25

Ainsi, un accompagnement personnalisé de certains de ces élevages les plus touchés (53 éleveurs sur 5 départements) a été réalisé en 2020, afin d’en comprendre les raisons. L’objectif était d’adapter les mesures de protection au contexte paysager, au fonctionnement de l’élevage et à la dynamique de la population lupine locale. Ce dispositif a permis une réduction de 19% des prédations, ce qui montre l’efficacité des dispositifs de protection lorsqu’ils sont adaptés (http://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/infoloup36-v2.pdf).

Bilan provisoire 2022

Au 31 juillet 2022, la responsabilité du loup n’a pas été écartée dans 1463 constats de dommages concernant 4863 victimes. 329constats étaient encore en cours d’expertise, pour 1144 animaux d’élevage. De nouveaux départements sont concernés par la présence du loup et les dommages qu’il cause à l’élevage : le Bas Rhin, l’Oise, la Charente-Maritime et la Somme. La Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne ont subi leurs premières prédations en décembre 2021 et celles-ci se poursuivent en 2022.

Constats 2022 en Limousin (au 07/10/2022)

NB constats* NB brebis tuées* Nb brebis blessées*
Constats retenus 41 dont 111 47
Constats en expertise 20 dont 21 3

*à la connaissance du Parc ; des données sont manquantes concernant le nombre de victimes de certains constats

Les ovins sont actuellement les seuls animaux d’élevage prédatés par le loup. Les expertises sur bovins n’ont pas pu mettre en évidence de prédation. Depuis mars 2022, les prédations semblent se resserrer autour du plateau de Millevaches, dans le nord Corrèze et le sud Creuse.