Généralités sur le loup

Elevage

L’agriculture et l’élevage en France

Avec 18% du produit agricole et agro-alimentaire, la France est le premier pays agricole de l’Union Européenne. L’activité agricole (y compris l’agro-alimentaire) représentait 3,5% du PIB français en 2008, mais tend à diminuer.
Les principaux produits de culture sont les céréales, le sucre, le vin, les fruits (abricots, pommes, raisins, kiwis, noisettes, noix, myrtilles) et les légumes (haricots verts, maïs, poireaux, artichauts). L’élevage permet la production de produits carnés mais également laitiers.

L’élevage en France

En 2016, 39% des exploitations agricoles françaises sont consacrées à l’élevage (https://agriculture.gouv.fr/infographie-lelevage-francais). En 2018, le cheptel français est constitué de :
• 18,5 millions de bovins,
• 13,7 millions de porcins,
• 7,2 millions d’ovins,
• 1,3 millions de caprins,
• 155,3 millions de volailles de chair,
• 48,3 millions de poules pondeuses.
La plus grande partie de l’élevage est représentée par de l’intensif, mais des éleveurs extensifs persistent dans les milieux montagnards et semi-montagneux.

L’élevage extensif

Les éleveurs extensifs, par le pâturage en plein air, contribuent à l’entretien des milieux ouverts, riches en biodiversité spécifique : le bétail limite l’embroussaillement et la progression des forêts sur ces territoires de végétation basse où vivent des espèces parfois rares ou menacées. Ceci favorise en outre une mosaïque de milieux, synonyme de plus grande diversité biologique, sans créer de barrières difficilement franchissables.
Des arbres isolés ainsi que des haies sont souvent conservées, servant d’abri à certains animaux et permettant de maintenir la continuité écologique entre les milieux (semi)ouverts et forestiers. On peut par exemple citer la chouette chevêche, qui apprécie les arbres solitaires en pâture. Les prairies de fauche, nécessaires pour assurer une alimentation hivernale en bâtiment lorsque les conditions le nécessitent, sont également des milieux de choix pour les nombreux prédateurs terrestres et volants chassant les rongeurs.
Ce mode d’élevage assure aux animaux domestiques des conditions de vie dignes, avec un pâturage en nature du printemps à l’automne (voire au-delà, notamment pour les bovins) et un hiver en bâtiment offrant suffisamment d’espace. Il s’agit d’un mode d’élevage qui utilise peu d’emprise artificielle au sol (pour les bâtiments ou les cultures fourragères) et nécessite moins d’import de produits alimentaires.
Les animaux sont notamment utilisés pour pâturer des espaces inaccessibles mécaniquement, tels que les tourbières ou landes. Sans pâturage, et en l’absence de grand gibier en assez grand nombre, ces milieux se fermeraient naturellement ou seraient plantés d’arbres, ne particulier de résineux. Ceux-ci nécessitent beaucoup d’eau, ce qui assècherait les zones humides, importantes pour maintenir une réserve en eau locale et permettre une résilience face au changement climatique. De plus, l’exploitation forestière actuellement menée en Limousin exerce une forte pression sur les sols, qui s’appauvrissent et s’affinent, au détriment de la biodiversité.
Dans un monde où le bien-être à l’animal est de plus en plus important, où les émissions de carbone dues au transport inquiètent, où les sécheresses frappent fréquemment et où la place de la nature se réduit, l’élevage extensif pourrait être une réponse aux préoccupations de la société.