Généralités sur le loup

Dispositifs en Europe

Une étude comparative de la situation des pays d’Europe vis-à-vis de la présence du loup a été réalisée en 2019 par les Ministères de l’agriculture et de l’écologie (http://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/012414-01_rapport_cle293885.pdf) :
• En Allemagne, l’augmentation de la population de loups entraîne une augmentation de l’insatisfaction des éleveurs.
• En Suisse, les éleveurs et la population sont plus ou moins sensibles à cette problématique selon les cantons et l’importance de l’élevage qui s’y pratique.
• En Pologne, où la grande population de loups n’a jamais disparu, les tensions sont rares, du fait d’un élevage ovin peu représenté (environ 260 000 ovins pour 2000 loups).
• Au nord de l’Espagne, les attaques par le loup sont habituelles sans pour autant mettre en péril le métier et sont moins prégnantes que d’autres dommages dus à la faune sauvage (dégâts de sangliers ou cerfs). Certaines régions sont cependant plus touchées, et la colère de leurs éleveurs est plus palpable qu’ailleurs.
• En Italie, l’impact des prédations sur les élevages est plus ou moins grand selon les régions, en fonction de l’état des filières ovines et caprines (le pays a connu une importante désertification des montagnes et l’élevage s’est fortement réduit, il est donc plus ou moins sensible aux contraintes).
Ainsi, dans plusieurs pays européens, la présence du loup est subie par les éleveurs, car elle complique leur travail et fragilise l’équilibre économique de leurs activités. Les États ont adopté des stratégies différentes, relativement aux indemnisations, mesures de protection et dérogations de tirs, pour faciliter la cohabitation entre Homme et loups.
Globalement, l’indemnisation et les aides financières ne suffisent pas à apaiser l’insatisfaction. En revanche, un accompagnement technique des exploitations y participe fortement, en permettant l’adaptation des mesures de protection aux différents contextes pour une meilleure efficacité. La communication est également un pan important de cette thématique.

Indemnisation des dommages

La Suisse est le pays le plus généreux en termes d’indemnisation des pertes directes, suivie de la France. La Suisse et l’Allemagne conditionnent l’indemnisation des dommages à la mise en place de mesures de protection, ainsi qu’en Espagne lorsque l’indemnisation relève des assurances souscrites par les éleveurs.
L’Allemagne conseille les élevages en amont des dommages sur la mise en place des mesures de protection et met en place un contrôle de ces dispositifs pour assurer la conditionnalité.
Voir le tableau en fin de document pour plus d’informations.

Mesures de protection des troupeaux

La France est le seul pays d’Europe qui subventionne le gardiennage (par éleveur ou berger), cette mesure étant considérée par les autres Etats comme intimement liée et indispensable au métier d’éleveur. Le subventionnement des mesures de protection en France est détaillé dans une autre partie de la page consacrée au loup.
En Suisse, 90% du budget alloué à la protection des troupeaux est dépensé pour les chiens de protection, les 10% restants permettant d’acheter des clôtures électrifiées (financement des surcoûts liés à la présence du loup). Lors des regroupements nocturnes, les troupeaux ne sont accompagnés que par des chiens, pas par des bergers. Si nécessaire, un technicien pastoral accompagne les éleveurs dans le déploiement de ces mesures.
Dans le Piémont italien, les éleveurs bénéficiaient avant 2012 d’un accompagnement par des vétérinaires privés, mais cette mesure s’est arrêtée faute de subventions. La protection des bovins y est considérée comme compliquées mais pas impossibles et des travaux sont en cours, notamment pour le regroupement des animaux pendant la pâture.
En Espagne, au nord du Duero, les loups n’ayant jamais disparu, le gardiennage a été maintenu et fait partie intégrante du quotidien des éleveurs. Les chiens, notamment les mâtins d’Espagne, sont considérés comme le moyen de protection le plus efficace. Au sud du Duero, le gardiennage avait disparu avec le loup et les éleveurs sont souvent en double-actif donc absent des pâtures et ils ont peu recours aux chiens de protection.
En Allemagne, les clôtures électrifiées constituent la base de la protection face au loup, et sont financées. Les bergers sont présents nuit et jour auprès des troupeaux, sans subvention. La présence de chiens de protection n’est pas obligatoire pour obtenir une indemnisation des dommages.
Dans tous les pays, la question des chiens de protection (déploiement, éducation, efficacité) se pose. En France, l’IDELE a donc mis en place une filière pour répondre à ces interrogations (cf partie concernée).
Voir le tableau plus d’informations.

Protocole de tirs

L’Allemagne s’est inspirée de la France pour autoriser le tir de loups sur les exploitations les plus prédatées.
En Espagne, la chasse était possible jusqu’en 2021 au nord du Duero par des chasseurs, jusqu’à 200 loups par an.
L’Espagne et l’Italie envisagent la possibilité de prélever des loups/meutes qui se spécialisent sur les bovins. En Suisse, on privilégie le tir des loups qui apprennent à franchir les clôtures, dans le but d’éduquer l’espèce à respecter ces barrières.
Voir le tableau plus d’informations.

Suivi du loup

Pour rappel, plus on dispose de données de présence, plus on peut estimer précisément le nombre de loups sur un territoire donné.
La France est le pays qui a développé le système de suivi le plus complet, mais aussi le plus coûteux. Cela permet :
• d’estimer la population de loups,
• d’identifier génétiquement et suivre des individus,
• de localiser et dénombrer les meutes ;
• de vérifier le bon état de conservation de la population française.
Un réseau de correspondants formés par l’OFB collecte les indices de présence :
• de façon opportuniste lors de déplacements (professionnels, privés) ;
• de manière concertée (suivi hivernal),
• ou lors de sorties dédiées à cette recherche.
Les agents de l’État organisent également un suivi estival (protocole de hurlements provoqués) pour identifier les meutes et mettre en évidence une éventuelle reproduction (reconnaissance possible des hurlements de louveteaux).
Toutes les informations sur l’espèce sont disponibles sur le site de l’OFB déjà cité.
En Pologne, le Ministère de l’environnement récupère les données provenant de différents acteurs mais il n’y a pas de véritable suivi. Les résultats tendent cependant à montrer une progression de la population mais également une surestimation des précédentes données. Il y aurait ainsi environ 1000 individus contre 2500 estimés auparavant.
Voir le tableau plus d’informations.