Z.S.C. Landes et Zones Humides de la Haute Vézère

Landes et zones humides de la Haute Vézère

Situé sur le plateau de Millevaches, le site Natura 2000 constitue le plus vaste ensemble de landes et tourbières de l’ex-région Limousin. Le site est localisé entièrement dans le Parc Naturel Régional de Millevaches en Limousin et il est en particulier inclus dans sa quasi-totalité dans le site Natura 2000 de la ZPS du Plateau de Millevaches.
La situation particulière du site, à la croisée d’un climat plutôt froid (de type océanique-montagnard) à forte pluviométrie (en moyenne 1500 mm/an), d’un sous-sol granitique et d’un relief composé de l’alternance de puys et de vallées, explique la présence des milieux naturels remarquables.
Les fonds plats entre les reliefs sont occupés par les tourbières caractéristiques du plateau de Millevaches, dont la formation a été favorisée par le fort apport en eau et le sol acide. Ces tourbières sont des habitats d’intérêt communautaire, qui se forment par accumulation de matière organique non décomposée formant la tourbe.
En bordure de tourbières et sur les versants qui ne sont pas forestiers, des landes sèches sont présentes. Ces formations sont caractérisées par la présence de la Callune.
Les forêts de feuillus, en particulier des hêtraies, ne représentent qu’une petite partie des forêts, à la différence des plantations de conifères qui sont très présentes. Ces hêtraies correspondent aux forêts matures et naturelles du territoire. Elles possèdent un fort potentiel de biodiversité, en constituant des espaces de vie et d’accès à la nourriture pour de nombreuses espèces (insectes, oiseaux, chauves-souris, etc.).
Le territoire est aussi parcouru par de nombreux cours d’eau, qui prennent leur source au sein du site Natura 2000.

Le secteur, avant le XIXe siècle, était autrefois exclusivement agricole et voué au pâturage extensif ovin. Les milieux naturels de landes et de tourbières étaient ainsi utilisés pour l’élevage ovin et le taux de boisement était alors très faible.
Dès le début du 20e siècle, avec l’abandon des pratiques agricoles dû à un exode rural important et à cause d’une politique de boisement efficace, une inversion paysagère a eu lieu : de nombreuses surfaces qui étaient jusqu’alors des landes sont boisées ou transformées en prairie et les terrains les plus difficiles pour l’agriculture subissent un abandon pastoral.
Actuellement, le site est partagé globalement entre la forêt résineuse et l’élevage extensif de bovins. La forêt, essentiellement artificielle, est issue de plantations souvent récentes d’épicéa et de douglas principalement. Les plantations sont majoritairement mono-spécifiques et menées en futaie régulière et ne favorisent pas l’installation d’espèces patrimoniales.
Pour les milieux ouverts de tourbières, de landes et de pelouses, l’abandon pastoral est particulièrement néfaste pour leur conservation. Les landes, en absence de pâturage extensif, ont tendance à évoluer (la callune atteint un état sénescent) et à se refermer, par l’installation de bas ligneux et de la fougère aigle. Les tourbières, quant à elles, voient rapidement la molinie bleue (une graminée formant des touradons) dominer le milieu et empêcher les autres espèces de tourbière de s’exprimer.
Les hêtraies sont actuellement peu présentes sur le territoire, car étant peu productive en bois commercialisable, elles ont parfois été converties en plantation de résineux ou défrichées.
Pour éviter la perte progressive des surfaces d’habitat d’intérêt communautaire, le site Natura 2000 a pour objectifs de les préserver et de les restaurer. Depuis la création du site, de nombreuses surfaces abandonnées par le pâturage ont fait l’objet de projets de restauration grâce à la réalisation de contrats Natura 2000, permettant la remise en pâturage. Des hêtraies ont bénéficié de contrats Natura 2000 forestiers, lors desquels les propriétaires se sont engagés à maintenir les hêtres et chênes de gros diamètre et de ne pas les exploiter. Cette action favorise la présence de bois sénescents voire de bois mort en forêt, bénéfiques aux espèces vivant dans ces vieux arbres et s’y nourrissant.
L’animation Natura 2000 continue afin de restaurer de nouveaux secteurs.