Le Loup - Généralités

Informations générales

Biologie

Structure sociale, territoire, mode de colonisation, reproduction et développement de l’espèce

Les caractéristiques biologiques du loup rendent difficiles :
- l’observation de l’espèce, et donc sa détection, notamment celles des individus solitaires évoluant sur les fronts de colonisation : un individu peut être de passage ou installé sur un territoire pendant des mois avant d’en trouver un indice ;
- l’anticipation du déplacement ou de l’installation d’un individu ou d’une meute.
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Régime alimentaire

Le régime alimentaire de cette espèce est très varié et dépend de la disponibilité en proies, mais est constitué en grande majorité d’animaux de faune sauvage.
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Prédation sur troupeaux domestiques

La prédation par le loup sur des troupeaux domestiques concerne principalement certains élevages des Alpes, où l’essentiel de la population lupine est installé et où se trouve la quasi-totalité des meutes.
En Nouvelle-Aquitaine, seules les Pyrénées ont détecté la présence régulière de loups, avec une zone de présence permanente classée dans les Pyrénées Atlantiques. Décembre 2021 a vu les 1ers dommages attribuables au loup survenir en Limousin, d’abord à Vayres (87) puis Saint-Germain-Les-Belles, Saint-Priest-Ligoure. Le 1er constat retenu "loup non écarté" dans le Parc de Millevaches s’est produit à Chavanac à la mi-décembre 2021.
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Législation

Statut et textes de loi

Le loup est protégé aux échelles internationale, européenne et française. Il est donc interdit de détruire /mutiler / transporter des individus ou de porter atteinte à leur environnement. Toutefois, des arrêtés ministériels encadrent des dérogations (effarouchement et tirs létaux) à cette protection, afin de limiter les dommages au bétail si les mesures de protection ne suffisent pas.
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Classement des territoires relativement au risque de prédation

En fonction des indices de présence (récurrence ou indices ponctuels) et des données de dommages, les communes françaises sont classées en « cercles », qui représentent le degré d’exposition à la prédation et déterminent les mesures de protection qui peuvent être financées.
Le dispositif de classement des communes est opérant en Limousin depuis janvier 2022, avec la délimitation de cercles 2 et 3, ce qui ouvre le droit au financement de mesures de protection par l’État et l’Union Européenne.
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Dispositifs État

Constats de dommages sur troupeaux domestiques

Lorsqu’un éleveur soupçonne une prédation sur son troupeau, il contacte le service départemental de l’Office français de la biodiversité (OFB), au maximum 72h après la date supposée du dommage. Des agents OFB viennent alors effectuer un constat, c’est-à-dire un relevé des éléments techniques. Une expertise est ensuite réalisée pour déterminer l’origine de la mort. Si celle-ci est liée à une prédation pour laquelle la responsabilité du loup n’est pas écartée, la DDT propose à l’éleveur une indemnisation.
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En ex-Limousin, 11 constats de dommages ont été reconnus comme attribuables au loup en 2021.

Indemnisation des dommages

Si une mortalité domestique est reconnue comme pouvant être due à un loup, l’éleveur est indemnisé pour les pertes directes engendrées (animaux morts, blessés grièvement ou disparus), pour les pertes indirectes éventuelles (avortement, perte de productivité) et pour les frais vétérinaires ou matériels (clôtures endommagées) possibles.
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Mesures de protection des troupeaux

Des dispositifs permettent de réduire efficacement la prédation, lorsqu’ils sont adaptés au contexte et mis en lien avec une évolution du mode de conduite des troupeaux : la surveillance accrue, l’électrification de clôtures, l’utilisation de chiens de protection, le regroupement nocturne… Ces mesures peuvent être financées par l’Etat et l’Union Européenne, en fonction du classement des communes en cercles.
Afin d’anticiper l’arrivée du loup, certains éleveurs ont fait le choix de mettre en place des chiens de protection des troupeaux ou de se regrouper en groupements pastoraux afin d’accroître leur surveillance, sous l’impulsion de l’Association pour le pastoralisme de la montagne limousin (APML).
Le classement en cercles 2 et 3 des communes limousines permet depuis janvier 2022 aux éleveurs de bénéficier de subventions pour mettre en place des chiens de protection des troupeaux (achat, entretien, dressage) voire des clôtures électrifiées.

En outre, la région dispose de crédits d’urgence, fonds pouvant être mobilisés pour faire face à l’émergence soudaine de prédations (achat de matériel d’effarouchement, de filets électrifiés ou financement d’une surveillance par l’éleveur).

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Mesures de défense des troupeaux et protocole de tirs

Les éleveurs peuvent dans un 1er temps, et sans autorisation préalable, procéder à des effarouchements visuels, sonores ou olfactifs autour de leurs troupeaux, pour dissuader un prédateur d’attaquer. Si cela ne fonctionne pas et que les attaques perdurent, ils peuvent également utiliser le tir non létal (à blanc). Après un dommage attribuable au loup, la DDT rend visite à l’éleveur afin notamment de lui proposer des matériels d’effarouchement visuel.
Si les dommages perdurent, la France autorise les tirs dérogatoires de loup, létaux, autour des troupeaux protégés. Il existe 3 types de tirs, qui peuvent être autorisés par les préfets de départements et être mis en œuvre successivement (si le précédent n’a pas permis de réduire les dommages) :
- le tir de défense simple : une personne titulaire du permis de chasse peut tirer sur un loup en situation d’attaque d’un troupeau protégé ;
- le tir de défense renforcée : 10 tireurs maximum sont autorisés autour d’un troupeau/lot protégé afin de tirer sur un loup en situation d’attaque ;
- le tir de prélèvement : pour une durée maximale de 3 mois, des chasseurs peuvent tirer sur un loup à l’occasion d’actions de chasse, sur un territoire défini.
Quelques éleveurs limousins ont sollicité une autorisation de tir de défense simple, sans effectuer de tirs. La préfecture de Creuse a mobilisé les louvetiers pour pratiquer des effarouchements non létaux autour des troupeaux prédatés.
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Informations sur les tirs de loups en Europe ici.

Conclusion

Si le loup est un être vivant indispensable au bon fonctionnement des écosystèmes, en régulant des populations de proies et réduisant ainsi leurs impacts sur les activités humaines (ex : dégâts forestiers) ainsi que les problèmes sanitaires, il est lui aussi source de « déprédations » (dommages), en particulier sur l’élevage extensif. C’est pour cela que la question du loup, et plus généralement des grands prédateurs, est source de conflits et de préoccupations.
La disparition du loup de notre territoire pendant plusieurs décennies et la déprise agricole qui sévit depuis presque aussi longtemps ont entraîné de profondes modifications des pratiques d’élevage et la disparition des attitudes et moyens initialement prévus pour limiter les prédations :
- les bergers avaient pratiquement disparu de nos campagnes, notamment sur les petits élevages ;
- les cabanes permettant de les loger et les chiens de protection avaient été abandonnés ;
- le niveau "restreint" de la population de loups en France et leur statut de protection ne permettent plus de recourir aux tirs comme il était encouragé autrefois, lorsque l’espèce occupait la quasi-totalité des territoires ;

Le surplus de travail, les pertes économiques et les inquiétudes induites pour les éleveurs sont importants et, ajoutés à des difficultés financières ou techniques déjà existantes, peuvent conduire à une remise en question du métier.
En outre, l’utilisation de chiens de protection ou de clôtures électrifiées peut avoir un impact sur d’autres activités, notamment touristiques, sur la circulation sur les territoires et sur l’attrait de paysages reconnus.
Mais leur efficacité est prouvée par la réduction, voire la disparition, des dommages dans les élevages touchés. Actuellement, le nombre d’attaques attribuées au loup est en baisse (voir tableau ci-contre). Dans le détail, on observe globalement une diminution des prédations sur les territoires où l’espèce est installée depuis longtemps mais une augmentation sur les fronts de colonisation, où se trouvent des troupeaux non protégés.

Au 30 juin 2021 Au 30 juin 2020 Au 30 juin 2019
Nombre de constats « loup non écarté » 964 1107 1364
Nombre de victimes « loup écarté » 3609 3567 4337

Afin de prendre en compte ces contraintes et de respecter ses engagements internationaux concernant le loup, l’État a opté pour un suivi fin des populations lupines et un soutien, technique et financier, des professions impactées. Ce travail favorise in fine les relations et la synergie entre les acteurs, la communication, le partage de connaissances, la concertation et les partenariats.