Soutenir et accompagner l’étude, la définition et la création d’aires de bivouac écologiques

Etat des lieux - avant projet

L’itinérance sur le territoire

Même s’il existe des chemins de Grande Randonnée (GR) et de Grande Randonnée de Pays (GRP) sur le territoire, l’offre d’itinérance sur le PNR de Millevaches est à ce jour peu visible et assez peu structurée (à l’exception des séjours constitués et mis en vente par APPAAT Millevaches depuis début 2015). Millevaches n’est pas promu et connu comme une destination de randonnée en itinérance. A ce constat s’ajoutent d’autres faiblesses :
• Le manque d’infrastructures adaptées à l’accueil de randonneurs itinérants : absence d’hébergements légers, atypiques, de gîtes d’étape de bonne facture ;
• Des demandes ponctuelles relatives à la possibilité de bivouaquer dans le parc qui restent à ce jour sans réponse ;
• La précarité du réseau de chemins et balisage qui mérite en certains endroits d’être mieux entretenu.
Cependant, le PNR présente des atouts certains pour favoriser l’émergence et la valorisation d’une offre d’itinérance :
• Le label « Parc naturel régional » attestant de la qualité des milieux naturels et des paysages que le visiteur rencontrera ;
• Un public de randonneurs individuels (pédestre, équestre, cyclo...) en demande ;
• Une superficie suffisante pour entreprendre des séjours itinérants allant jusqu’à six jours (durée maximale classique des congés hors « grandes vacances ») ;
• Une localisation du territoire en « front » de Massif Central, donc en première position pour des personnes venant de l’ouest (entre Royan et Nantes, de Poitou-Charentes…) et recherchant un territoire de (moyenne) montagne ;
• Une hydrographie « rayonnante », permettant à nombre de personnes vivant auprès de la Vienne, de la Vézère, de la Corrèze, de la Creuse… d’être sensible(s) à une découverte des sources de « leur » rivière et donc de converger vers le Plateau.
• Une desserte ferroviaire : simple depuis Paris-Austerlitz, directe depuis Limoges même si les cadencements semblent de moins en moins fréquents sur la ligne qui traverse le Parc entre Limoges et Ussel. C’est un point clef de la réussite d’un projet de développement de l’itinérance car le train permet de transporter des effectifs de groupes nombreux (notamment les centres de loisirs) ainsi que le public parisien, en moyenne moins motorisé que les provinciaux ;
• Plusieurs sites et sentiers de découvertes préexistants qui pourraient être intégrés à la trame d’hébergements servant de base à l’itinérance (campings, aires naturelles…) et renforcerait l’attractivité de la destination ;
• L’existence d’une agence de voyages réceptive : APPAAT Millevaches (objet : création et commercialisation de séjours de randonnée et de découverte) ;
• L’existence d’un service de randonnée accompagnée sur la montagne Limousine : le Bureau des accompagnateurs de la Montagne Limousine ;
• Le développement positif (en termes de fréquentation) du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle « la Voie de Rocamadour en Limousin » (de Bénévent l’Abbaye à Rocamadour), favorable à la construction de l’image d’une destination de randonnée ;
• Les actions de l’IPAMAC (association des Parcs naturels du Massif central) sur la valorisation des grandes itinérances dans les Parcs du Massif ;
• L’existence du topoguide coédité par la FFRP et le PNR de Millevaches décrivant tous les GRP (itinéraires de Grande Randonnée de Pays) du territoire.

Objectifs et Enjeux

Il s’agit de développer et de promouvoir la « destination Millevaches » par la pratique de la randonnée itinérante. La création d’aires de bivouac vise à développer une offre nouvelle, innovante susceptible de participer à l’attractivité de la destination, de générer des flux touristiques nouveaux et d’accroître les retombées économiques en augmentant la durée des séjours.

1. Les aires de bivouac : un levier de développement pour la randonnée itinérante
Pays de plateaux, de changements topographiquement incessants (paysages de collines, gorges…) mais accessibles, le Massif central, avec son relief de moyenne montagne, est géographiquement adapté à l’itinérance. Faciliter l’émergence et la valorisation d’une offre d’itinérance et d’activités de pleine nature innovante peut contribuer au développement touristique de ce massif, qui a un potentiel encore trop peu exploité dans ce domaine. Aussi le développement de l’itinérance et des activités de pleine nature est-il un enjeu fédérateur pour le Massif central qui, avec ses dix Parcs, est le plus grand espace préservé d’Europe.

Chacun des Parcs travaille sur l’itinérance à l’échelle de son territoire avec un double objectif :
• contribuer au développement touristique du territoire par l’itinérance (à pied, à cheval, en âne, à vélo…),
• faire (re)découvrir des patrimoines culturels et naturels des territoires de manière écologique.

2. Les aires de bivouac : un soutien au tourisme saisonnier
En favorisant le développement d’un tourisme d’itinérance sur le Parc, les aires de bivouac sont complémentaires des investissements qui permettent la découverte des territoires (itinéraires balisés) et des sites naturels (sentiers d’interprétation). Ce type de tourisme, moins dispendieux que les séjours haut de gamme, compense la relative faiblesse des budgets individuels alloués au séjour, par le nombre de personnes qui s’y adonnent.

3. Intégration des aires de bivouac au projet de territoire du PNR de Millevaches
Le développement d’un tourisme d’itinérance répond pleinement aux orientations stratégiques du Parc en termes de :
Mobilité douce (ou éco-mobilité). Le Plateau de Millevaches est directement accessible en train, et ce jusque dans son cœur : Eymoutiers, Lacelle, Bugeat, Pérols-sur-Vézère, Meymac. Cette caractéristique donne un avantage certain à ce territoire par rapport à d’autres secteurs du Limousin, qui sont en revanche plus rapidement accessibles par la route. La desserte ferroviaire constitue l’une des clefs de la réussite du développement de la randonnée itinérante ;
Intégration paysagère/durabilité. Avec une prégnance forestière incontestable, le bois s’impose comme un matériau parfaitement adapté à la construction d’infrastructures de bivouac. Une réflexion architecturale spécifique permettrait de conférer une touche originale à celles-ci, qui pourraient alors rapidement s’ériger en référence, puisque ce mode d’hébergement reste anecdotique et/ou mal défini en France. Les assemblages bois étant plus légers que les constructions maçonnées, le démontage des infrastructures usées sera plus simple que les édifices touristiques lourds qui sont aujourd’hui devenus obsolètes ou ont été abandonnés ;
Innovation. Le travail d’innovation architecturale nécessaire à la conception d’aires de bivouac écologiques pourra/devra être doublé d’une réflexion poussée sur l’emploi de sources d’énergies renouvelables (épuration des eaux usées, toilettes sèches, eau chaude sanitaire…). Un défi à relever sera celui du ravitaillement des randonneurs, voire de la constitution d’une offre de service logistique pour le transport des sacs, et pourquoi pas de montage de camps. Les professionnels locaux (producteurs, épiciers, boulangers, accompagnateurs en montagne...) devront être mis à contribution pour réfléchir à la résolution de ce problème. Autant de questions à résoudre qui pourront se convertir en un savoir-faire « transférable » ;
Culture. Lieu d’accueil du public, les aires de bivouac pourront servir de lieu d’exposition de land-art, voire de concerts ou de barbecues ;
Education à l’environnement. Les aires de bivouac seront idéales pour proposer un tourisme de découverte au jeune public régional, qui pourra s’initier à la randonnée, à la découverte de la nature, mais aussi bénéficier des services disponibles sur le territoire. Cet équipement permettra de proposer des séjours notamment aux Accueils de Loisirs, qui pourront se rendre sur le Plateau de Millevaches directement en train, que ce soit depuis Limoges, Tulle/Brive ou Ussel ;
Lien social. Lieu de mixité sociale, l’aire de bivouac offrira l’opportunité à des personnes d’horizons variés et aux pratiques non moins diverses (cyclotouristes, randonneurs pédestres, équestres...) de manger ensemble, de partager des expériences…
C’est dans ce contexte stratégique et opérationnel que la présence d’aires de bivouac écologiques peut et doit constituer un levier de développement pour la randonnée itinérante en Millevaches et participer à l’évolution de l’image touristique du territoire (rajeunissement, affirmation d’une l’image « destination de randonnée »), en attirant de nouveaux publics et participant au développement d’une culture de la simplicité et de la convivialité.

Acteurs pressentis pour travailler sur le projet (liste non close susceptible de modifications) :

• Le bureau des Accompagnateurs de la montagne limousine
• Les offices de tourisme du PNR
• Les chargés de mission tourisme / sports de nature / randonnée des communautés de communes, des Pays, de l’Agglomération de Tulle et du syndicat mixte le Lac de Vassivière
• Le Comité Régional de la randonnée pédestre du Limousin / Nouvelle-Aquitaine
• Les Stations Sports Nature Haute-Corrèze et Vézère-Monédières
• Le Comité régional de cyclotourisme du Limousin / Nouvelle-Aquitaine
• Les Comités Régionaux d’Equitation et de Tourisme Equestre du Limousin / Nouvelle-Aquitaine
• L’association « Un chemin de Saint-Jacques »
• Les agences de Développement et de Réservation Touristiques de la Corrèze et de la Creuse et Haute-Vienne Tourisme
• L’agence de voyages réceptive APPAAT Millevaches
• Les CAUE du Limousin
• L’ADEME
• L’association Energies pour demain
• Le pôle Bois PE d’Egletons
• Les chargés de mission énergie et/ou paysage/architecture et/ou forêt du PNR de Millevaches en Limousin